La Dernière Chance




Si seulement l'on pouvait savoir quand elle arrive cette dernière chance.

Celle que l'autre nous accorde avant qu'il ne tourne à tout jamais ... la page de ce bel amour. Nous saurions surement éviter cette erreur qui sera fatale à notre cœur.

Trop de personnes s'imaginent que la patience est une vertu sans limites. Trop d'êtres en amour pensent que l'autre aimera toujours en dépit de tout ce qu'ils peuvent lui faire subir... Trop sûrs d'eux, ils jouent avec le temps au nom des sentiments sans s'apercevoir que la dernière étincelle est à deux lueurs de s'éteindre.

On commet des bévues, on récidive dans ce qui blesse le plus celui ou celle qu'on aime tant... et l'on attend, tel un enfant, d'être pardonné de ses fautes impunément jusqu'à la fin des temps.

Mais vient toujours le moment ou plus rien n'achètera le pardon sur lequel on se détends comme sur un lit de pétales de roses.

À chaque écart de conduite, à chaque pardon, c'est pourtant l'une d'elles qui tombe de la rose, mais imbu de son pouvoir sur le cœur de l'autre, on ne voit même pas à quel point les émotions défraîchissent au fur et à mesure cette fleur qui se fane. Ne lui laissant qu'épines.

La dernière chance, c'est peut-être celle que vous prendrez demain en pensant qu'une fois de plus, un tendre baiser viendra effacer tout ?

D'ailleurs, n'est-ce pas toujours à l'être aimé qu'on jure de ne plus recommencer ? N'est-ce pas, à ce cœur que l'on confie sa peine et son angoisse ?

Mais un jour, un beau matin, bêtement, sans préavis, sans le moindre regret, l'autre nous dit que c'est fini, terminé. On sursaute, on implore, on pleure mais rien ne peut ramener l'être pourtant si cher.

Un bouquet de violettes, quelques larmes, deux ou trois lettres... et rien, plus rien ne ravivent la terre trop mal ensemencée.

La dernière chance, c'était celle qu'on avait prise avant que le cœur de l'autre s'octroie une libération. On pensait bien que c'était l'avant-dernière. Mais c'était la dernière, car tôt ou tard, tout vient à s'éteindre à force de mal étreindre.

C'est à jouer ainsi avec le cœur de l'autre qu'on en vient à perdre, à se perdre soi-même.

On lui reprochait sa méfiance, faute d'être incapable de lui faire confiance. Si le cœur n'est parfois que pardon, la bonté a ses limites.

Bien sûr qu'il ou qu'elle aura aussi mal que vous quand viendra l'heure du départ, mais un autre cœur viendra doucement déposer un baume sur sa plaie.

Et vous dans tout ça ? Triste portrait n'est-ce pas ?

Parce que vous l'aimiez sincèrement ? Parce que vous n'avez rien tenté pour sauvegarder cet être cher pour lequel vous viviez ? Trop tard et tant pis.

C'est à jouer avec sa dernière chance que bien souvent l'Amour meurt ... à défaut de n'avoir pu protéger son bonheur !

Ne laissez pas cette dernière chance briser votre amour.